Cela fait bien des années que la ville comtale de Castelló d´Empúries entretient ses palais, ses couvents, ses murailles et la cathédrale et ce pour montrer à tout le monde l´image de son passé glorieux. Si nous nous promenons dans les rues du centre historique nous pourrons apprécier la noblesse de bon nombre des maisons, ses pierres remarquables datant des siècles passés, ses places ombragées, ses rues étroites, ses porches humides où l´air y est chargé, ses grandes portes, ses entrées sombres, ses fers forgés, et tout ceci perdure depuis des siècles. La partie ancienne de Castelló nous effraie, nous surprend, nous transporte dans le temps, elle nous fait revivre dans un milieu mystérieux, romantique, instigateur… En faisant preuve d´un peu d´imagination on peut entendre le galop des chevaux des comtes qui passent dans les rues pavées, les cris des marchands dans les marchés, les commerçants qui discutent dans les halles, les soldats qui affilent des épées… Castelló fut durant le Moyen-âge le chef-lieu du comté d´Empúries, elle comptait alors 2 500 habitants et était l´une des villes les plus importantes de Catalogne.

Il y vivait des paysans, des artisans, des fonctionnaires du comté, de nombreux prêtres et religieux, des soldats, des commerçants….puis aussi des juifs—quelques 200 ou 300-qui vivaient dans leur quartier : El call. Pour montrer l´importance de cette ville, la demeure des comtes et sa richesse on fit construire une grande église cathédrale dédiée à la Sainte Marie qui après de nombreux siècles reste la cathédrale de l´Empordá admirée par tous. Après être passé par les rues sombres et humides de la vieille ville vous trouverez une grande place lumineuse où vous découvrirez l´imposante cathédrale, avec un portail en marbre blanc puis des gravures quelques peu sérieuses. Castelló fut une ville importante. C´est pourquoi les gens des villages voisins disaient d´elle : « Castelló vila major, tot són jutges i notaris ».

Ce qui signifie que Castelló était une grande ville où on ne trouvait seulement que des juges et des notaires » La ville fut construite sur des hauteurs car jadis les terres étaient recouvertes d´étangs et de marécages. Après que bon nombre des marécages furent asséchés afin de pouvoir se dédier à la culture des terres, aujourd´hui, elle se trouve au beau milieu de la plaine alluviale, sur la rive gauche de la rivière La Muga et à 4 kilomètres environ de la mer. Ce lieu pour y construire la ville fut choisi par les comtes d´Empúries quand ces derniers décidèrent de changer de chef-lieu de comté (qui était alors Sant Martï d´Empúries) de par sa situation, proche mais non immédiate à la mer (ce qui pouvait les protéger face à la piraterie en mer qui sévissait à l´époque) puis de par le fait qu´il s´agissait d´un mirador qui permettait de bien voir toutes les terres des alentours et donc de faciliter sa défense face à l´ennemi. Les bateaux arrivaient jusqu´en ville à travers la Muga qui était alors navigable.

A l´est, une bonne partie de la côte sablonneuse du golfe de Rosas appartient à la commune de Castelló. Les bancs de sable de la plage séparent la mer des terres occupées par les marais, aujourd´hui désséchés, dont le plus important était celui du grand « étang de Castelló ». Les étangs furent très importants durant l´époque médiévale car on pouvait y pêcher et de plus la chasse était bonne. On produisait aussi du sel dans les lagunes les plus proches à la mer.

Bon nombre des étangs furent désséchés à partir du XVIIe siècle jusqu´au début du XXe pour en faire des pâturages et des champs de culture. De nombreux mas et des « cortals » apparurent, (les cortals sont des maisons de paysans qui se dédient exclusivement à l´élevage et que l´on retrouve très fréquemment dans cette zone nord-est de la plaine ampourdanaise, spécialement entre la rivière Fluvià et la Muga). On trouve aussi des terrains que l´on appelle des « closes » en Ampourdan et qui sont propres de ces terres. Ce sont en fait des prés, souvent d´anciens étangs désséchés, qui sont délimités par des canaux ou des basses-cours et des rangées de fil barbelé. C´est là que les vaches paissent ainsi que les taureaux, les juments et les poulains. Les terres cultivées sont très fertiles, on y produit du maïs, du blé et du fourrage pour les bestiaux. Les jardins –potagers sont également abondants ainsi que les bois, les arbres fruitiers, les canaux et les prés verdoyants qui nous offrent un paysage tout à fait splendide. Les rizières importantes jadis, ont pratiquement disparues aujourd´hui.

Durant le Moyen-âge Castelló vivait du commerce, de l´artisanat et de l´administration gérée par les comtes. L´agriculture n´était pas bien développée. Durant le XVIIIe, XIXe et une partie du XXe siècle l´agriculture et l´élevage furent les activités économiques les plus importantes puis durant la seconde moitié du XXe, la ville a connu une grande transformation grâce au tourisme, principalement avec la construction d´un lotissement « Ampuriabrava » et toutes les activités économiques qui en découlent comme (la construction, l´hôtellerie, les commerces, la gestion administrative,…)

La commune de Castelló compte 5.283 habitants (dernier recensement effectué en 2001) desquels 1.981 résident toute l´année à Empuriabrava. Durant les mois de juillet et d´août la population d´Empuriabrava peut atteindre les 50.000 habitants, ce qui engendre une grande dépense au niveau des services que doit offrir la Mairie de Castelló à savoir (les ordures, l´eau, le nettoyage des plages,…)

Le premier document connu qui parle de Castelló date de 879. Il s´agit d´un acte d´un jugement qui s´était célébré « in villa castilione in territorio Petralense » en présence de Dela, comte d´Empúries, et de Teotari, évêque de Girona. Il fallait trancher sur la possession de quatre cellules monastiques, situées sur le comté de Peralada, que se disputaient les monastères de Banyoles et de Sant Policarp de Rasés. L´une de ces églises était celle de Sant joan Sescloses située sur la rive ouest de l´étang de Castelló. Cette église est aujourd´hui un simple ermitage qui appartient à la paroisse de Castelló mais qui se trouve dans la commune de Vilanova de la Muga. Ce document démontre que lors du IXe siècle Castelló était déjà un lieu très important de par le fait qu´un jugement de cette envergure puisse se tenir.

En 945 Le comte Gaufred d´Empúries fit don de l´étang de Castelló ainsi que du droit de pêche au monastère de Sant pere de Rodes. En 1007 c´est la première fois qu´il est fait allusion à l´église de Santa Maria de Castelló. Il s´agit d´un achat effectué par l´évêque de Girona Odó aux époux Tedmar et Truitel.la d´un franc-alleu dans la commune de Castelló qui comprenait divers monticules, deux lagunes et deux étangs « Ded » et « Bona conca ». La propriété était délimitée, en différents points, par les terres de Sancta Maria de Castilione. Les historiens pensent que le fait de changer de chef-lieu de comté de Sant Marti à Castelló est dû aux pillages des normands et des pirates commis à Sant Marti autour de l´an 860. Certains auteurs pensent que ce fut le comte Sunyer II (862-915) qui déplaça sa résidence à Castelló ; tandis que d´autres pensent que ce fait s´est produit au temps du Comte Gaufred (931-991). Malgré tout le fait de s´établir à Castelló et ce, de façon définitive, ne se produit qu´en 1078, à la mort du comte Ponç I : Dans des documents antérieurs à cette date Castelló était connue comme étant un territoire appartenant au comté de Perelada (qui dépendait de celui d´Empúries). Ponç I donna à son fils Hug II le titre de comte d´Empúries tandis que son autre fils Berenguer fut nommé seigneur de Peralada, mais ce dernier dépendait de son frère. A partir de ce moment-là Peralada cessa d´apparaître sur des documents comme étant un comté et ceci favorisa la naissance de Castelló comme chef-lieu du comté.

Le comte Gaufred (931-991) sépara les comtés d´Empúries et celui du Roussillon. HugI hérita Empúries. Son fils Ponç I et son petit fils Hug II favorisèrent le calme et la prospérité sur le comté. En 1035 le comte Hug I vendit à son épouse, la comtesse Guillema, deux francs-alleux très importants dans la commune de Castelló et de Roses. Plus tard, la comtesse céda lesdits francs-alleux ainsi que certaines de ses propriétés á l´évêque de Girona. Ainsi l´importance de l´évèque dans le comté d´Empúries grandissait cependant, avec les années, ceci devait être néfaste pour la première dynastie comtale de l´Empordà. Le comte Hug II fortifia la ville de Castelló . Le gouvernement de Ponç-Hug I (1116-1153 ou 54) était peu favorable au fait qu´il se soit crée un comté de par les affrontements avec Ramon Berenguer III de Barcelone, les seigneurs de Peralada et la Seu de Girona. Ponç-Hug dut s´ humilier devant les comtes de Barcelone qui défendaient les féodaux les moins puissants. Sous Hug IV le comté participa à la troisième croisade, la bataille de las Navas de Tolosa et sûrement celle de Muret. Il participa également à la conquête de Mallorca. Le comte était sur le front et un grand nombre d´Ampourdanais mourut. Bon nombre de ses sujets resta sur l´île pour la repeupler. Ponç-Hug III participa à la conquête de Valence.

Hug V (1269-1277) se brouilla avec Jaume I car il fut l´un des principaux éléments unit aux barons pour nuire au roi. Le comte arriva même à assiéger Figueres avec son armée et s´emporta les portes de cette ville royale à Castelló. Après une lutte armée très dure Hug fut vaincu au Boulou avec Dalmau de Rocabertí.

Durant l´invasion française en 1235 le comte adhéra pleinement à la cause de Pere el Gran et ils luttèrent ainsi ensemble. Ponç-Hug lutta également avec Jaume II durant la guerre de Sicile, mais il se brouilla avec les évêques de Girona qui l´accusaient d´avoir essayer de détruire le château de Llaneres. Ses relations avec le comte de Barcelone s´empirèrent quand ce dernier augmenta le prix du sel à Castelló que l´on vendait aux sujets du roi ou de l´église et qu´il empêcha l´exportation de viande sur les terres royales. Tout ceci entraîna de longues procédures auprès de la justice royale. En 1305 une galère d´Empúries emprisonna, sur la côte andalouse, 65 sujets du sultan de Grenade, alors allié de Jaume II. Ceci envenima la situation à tel point que le roi prépara une armée contre Empúries et le comte n´eut autre recours que celui de se soumettre, car ses biens avaient été dans leur totalité saisis par les juges.

Le comte Ponç-Hug V mourut sans avoir obtenu de descendance et selon le testament ce fut Hug de Cardona qui hërita du comté.
Hug de Cardona (Hug VI) eut le comté durant deux ans. En 1325 il l´ échangea avec l´infant Pere, quatrième fils de Jaume II, contre la baronnie de Pego et les villes de Xalom i Laguart du règne de Valence. Ainsi le comté d´Empúries restait attaché à la famille royale. Jaume II en finit avec l´autonomie du comté d´Empúries. Avec Pere I d´Empúries (1325-1341) débute la seconde dynastie comtale ampourdanaise liée à la famille royale de Barcelone. Ledit comte encouragea à faire les travaux de l´église, embellit le palais comtal et fit construire un pont sur la Muga ( l´actuel Pont Vell). En 1341, et ce pour des raisons inconnues, Pere échangea le comté d´Empúries par celui de Prades avec son frère Ramon Berenguer car ce dernier avait quelques problèmes avec Pere III, avec les évêques de Girona, avec le monastère de Sant Quirze de Colera et avec celui de Rocabertí Son fils Joan I (1364-1396) était brouillé avec Pere III el Cerimoniós. Finalement les armées de Pere III ont conquis Castelló et le comté fit partie de la couronne. Malgré tout en 1387, à la demande du Sant Pare, il rendit à Joan les deux comtes qui succédèrent à Joan I, son fils Joan II puis ensuite le frère de ce dernier Pere III mais ils ne furent jamais reconnus par le roi, jusqu´à ce que Martié l´Humà déclara le comté d´Empúries comme faisant partie de la couronne (en 1402). Ce fait entraìna la fin de la ville de Castelló comme capitale d´un état, premièrement indépendant puis autonome. La décadence s´amorce, suivie par des guerres, des épidémies puis d´autres circonstances comme l´expulsion des juifs ou l´inondation de 1421.

En 1445 Alfons el Magnànim fonda une nouvelle dynastie et il légua le titre de comte d´Empúries à son neveu l´infant Enric d´Aragó. Au XVIe siècle ce titre comtal passa, par mariage, à la maison ducale de Cardona et finalement, par différents mariages, ce furent les ducs de Medinaceli qui en héritèrent. Les Médinaceli s´emportèrent toutes les archives comtales à Séville c´est là qu´elles se trouvent actuellement.

Durant les Guerres des Moissonneurs, de Succession et de l´indépendance Castelló dut faire front aux troupes françaises qui détruirent les murailles, les quartiers ainsi que les couvents extra-muros. Durant la Guerre Carliste en 1874, les forces carlistes de Francesc Savalls attaquèrent par surprise les libéraux du général de brigade Moya qui défendaient la ville de Castelló. Savalls feignit une retraite et l´ennemi tomba dans le piège, ceci permit la victoire des Carlistes. La Guerre Civile (1936-1939) fit de nombreuses victimes de part et d´autre, ce qui entraîna une baisse de la population.

Au XIXe siècle de nombreuses familles aisées consolidèrent leur position, en effet jadis ils étaient d´importants propriétaires de terres (c´était le cas dels Climent, des Nouvilas, des Delhom, ou bien encore des Negre, des Oliveres, des Pastell,…). Il suffit de se promener dans l´actuel cimetière de Castelló et là nous pourrons contempler les fastueux caveaux de familles.

Les historiens pensent que sur les petites collines où se trouve la ville de Castelló il existait une « ville » ou une grande exploitation agraire à l´époque romane. L´historien Jeroni Pujades (du XVIIe) parla de l´existence de deux pierres tombales romanes, des pièces en céramique puis des pièces de monnaie qui datent de la même époque. Nous ne savons pas aujourd´hui où se trouvent ces vestiges. Durant ces dernières années on a retrouvé des vestiges préhistoriques près du centre-ville. Il s´agit de haches de l´époque néolithique en pierre polie. On trouva aussi un groupe de silos qui pourraient dater de l´époque pré-romane. Durant le début du moyen âge le centre-ville de Castelló se situait sur le mont Salner, près de l´église de Santa María.. Durant la fin du moyen âge, la population augmenta ainsi que l´activité artisanale-commerciale, la ville grandit et le centre devint la « plaça des Homes », où se trouvaient la Mairie et l´ancienne halle maritime. Il faut tenir compte que le centre médiéval dans sa totalité était entouré de murailles. La limite à l´est de cette enceinte murée était le canal del Molí, qui suit les anciennes vallées et à l´ouest c´est le « carrer de la Muralla » qui le délimite.

A partir du XIVe siècle quelques quartiers extra-muros commencèrent à se former. Dans la ville il y avait deux hôpitaux, l´Hospital Major ou de Santa Llúcia, près de l´église puis un hôpital pour les lépreux dans le quartier de Sant Llàtzer, extra-muros. Il reste peu d´ édifices qui datent de l´époque médiévale (nous n´avons trouvé aucun vestige de l´Hospital Major). Certains furent reconstruits durant le XVIIIe et le XIXe siècles, comme la maison de la Canònica, la maison du monastère de Sant Pere de Rodes et bien d´autres couvents.. Le palais des comtes fut transformé en couvent de Sant Domènech et actuellement il s´agit de la Mairie.

L´édifice le plus important qui a pu être conservé de l´époque médiévale n´est autre que l´église gothique de Santa Maria. Elle se trouve sur le même lieu où se trouvait une autre église romane, consacrée en 1064 et dont il ne reste que quelques vestiges. On commença à la construire à la fin du XIIIe siècle et les travaux furent dirigés par l´architecte Ramon de Xartes. Au début du XVe siècle il avait déjà modelé le portail principal et lors d´une visite pastorale en 1437 on put connaître l´existence de trente-quatre autels. Les guerres qui eurent lieu retardèrent les travaux qui ne reprirent qu´à partir de la fin du XVe siècle qui fut l´époque à laquelle on sculpta le maître-autel en albâtre (c´est là une des sculptures gothique bourguignonne des plus importantes de Catalogne.) Durant le XVIIe et le XVIIIe siècles on y rajouta deux chapelles latérales, celle de la Puríssima Sang et celle de la Verge dels Dolors. Après la Guerre Civile (1936-39) on commença des travaux de restauration qui perdurent encore aujourd´hui. L´édifice est de type gothique catalan. Il est composé de trois nefs, la centrale est bien plus large que les latérales, elles sont séparées par des colonnes et des arcs formerets. Chaque nef se divise en neuf plafonds, chacun recouvert de voûtes en ogive soutenues par quatre nerfs qui se rejoignent pour former une clef. Certaines clefs de voûtes font partie de l´histoire, avec des gravures de saints ou des scènes bibliques. Le chevet, par où on a commencé à bâtir le temple présente une abside qui correspond à la nef principale et deux absidioles au commencement des deux nefs latérales.

La grande carcasse architectonique est renforcée à l´extérieur par de grands contreforts couronnés par des gargouilles, certaines ont disparues. Sur les grandes fenêtres qui se trouvent dans l´abside de l´église il devait y avoir des vitraux. Aujourd´hui il n´y en a qu´un seul, les autres furent couverts par des plaques d´albâtre translucide Sur la façade principale il y a un grand portail en pierre qui date du XVe siècle. Elle se divise en trois espaces : deux tours clochers et un pignon central. Sur le pignon central il y a un portail entre deux clochetons. Le tympan présente un ensemble de sculptures représentant l´adoration des Rois Mages et sur les latéraux les douze apôtres. Toutes les sculptures sont taillées dans les moindres détails et avec une grande perfection. Au-dessus du portail, sur la partie supérieure du pignon, on peut voir une grande rosace gothique qui donne beaucoup de clarté à l´intérieur du temple. Au nord, on peut voir un clocher de style roman (XIIe ou XIIIe siècles) avec des décorations lombardes, des ouvertures avec des arcs arrondis et des colonnes, des chapiteaux, des frises en arcature et en dents de scie. Bon nombre de ces éléments tendent vers un nouveau style gothique.

A l´intérieur de l´église on peut voir le maître-autel qui se détache et le retable de style gothique. Ce retable en albâtre se divise en deux : l´intérieur, qui contient dix images d´anges qui soutiennent les écussons ou les symboles des promoteurs de l´œuvre (par exemple, l´écusson de Castelló, ou un pain, emblême de l´ institution bénéfique du « pa senyat ») ; au-dessus il y a des tableaux représentant des scènes de la passion. Au centre du retable il y a l´image de la Vierge Candelera, qui porte l´Enfant. Les sculptures présentent un certain réalisme, dramatisme, des détails anatomiques et des détails dans les plis des habits.

Dans de nombreuses chapelles latérales de l´église il y a des pierres tombales et des sépulcres avec des inscriptions gothiques et des statues gisantes. Les grandes chapelles celle de la Sang puis celle de els Dolors présentent des décorations baroques. Il y a des pièces qui ont une grande valeur archéologique qui sont les fonds baptismaux et qui sont au nombre de deux. Il y a deux bénitiers unis l´un à l´autre ; le plus grand était utilisé pour baptiser les adultes et le plus petit pour baptiser les enfants. Nous croyons qu´il appartient à l´église romane et que ce bénitier pourrait dater du XIe ou du XIIe siècles. On conserve un grand orgue de style baroque (XVIIe-XVIIIe siècles), digne d´une cathédrale qui est continuellement soumis à des réparations. Dans la sacristie il y a le musée paroissial avec d´intéressants objets liturgiques qui datent du XVe au XVIIIe siècles. (ostensoirs, verres sacrés, des croix, des reliquaires,…).

A l´extérieur de l´église, à l´ouest de la place et en face de la façade du temple, il y a une croix très intéressante de style gothique renaissance qui date probablement du XVe siècle. Il ne reste que quelques vestiges des murailles de Castelló on peut cependant en suivre l´ancien tracé. Les vestiges les mieux conservés se trouvent en suivant le chemin parallèle au canal del Molí, dans le secteur est de la ville et plus concrètement derrière l´église. Sur certains murs on peut voir encore des meurtrières et la tour-portail de la Galllarda qui date du XIIIe-XIVe siècles. C´est là un endroit qui jouit d´un charme envoûtant. L´eau du canal du moulin descend avec force au pied des murailles. De l´autre côté du chemin, de luxuriants jardins-potagers sont cultivés avec le plus grand soin. C´est là un lieu idyllique, un refuge pour les peintres, les écrivains, les nostalgiques des temps passés et les romantiques en général.

Si nous revenons á l´intérieur de la ville nous visiterons la place des Hommes avec des arcades. Dans la partie la plus ancienne de la ville il y a un édifice gothique qui date de la fin du XVe siècle et se compose d´une grande salle carrée recouverte d´une voûte en ogive. Sur la façade principale il y a une grande porte et deux fenêtres latérales en pierre bien taillées et avec des arcs en pointe. C´est là que se réunissait en secret le conseil de la ville, tandis que le conseil ouvert, formé par un nombre plus important d´habitants se tenait sur la place de l´église.

Près de la place des Hommes, il y a le couvent de Sant Domènec qui, durant le moyen-âge était le palais des comtes. Au XVIIe siècle il fut restaurer afin de l´aménager au mieux pour en faire un couvent, on profita les vieilles structures du palais. Actuellement c´est le siège de la Mairie et le grand cloître central a été aménagé en musée où l´on expose des plaques avec des inscriptions et de petits éléments architectoniques récupérés ici et là durant les travaux de différents édifices de la ville. Cet édifice renferme les archives municipales où l´on peut trouver des documents de l´époque médiévale fort intéressants qui servent pour étudier l´organisation politico-administrative municipale d´une ville médiévale catalane. Sur la place del Gra on peut voir un édifice médiéval très intéressant ; La Cúria ou prison qui date du XIVe siècle. La façade principale est faite en carreaux bien taillés, il y a un portail à vousseaux et des fenêtres avec une grille en fer forgé. Le complexe était en fait divisé en deux : d´un côté le tribunal où se réglaient les problèmes juridiques à gauche de l´actuelle porte d´entrée. D´un autre côté le lieu que les condamnés regagnaient après le jugement et qui faisait office de prison. Selon des documents conservés cette prison fonctionnait déjà au XIVe et il y avait un bourreau. Les cellules avec d´intéressantes inscriptions murales faites par les prisonniers qui datent du XVIIe au XIXe siècles ont pu être conservées. Au nord-ouest et à quelques mètres de l´église, sur la place on peut voir quatre arcades en plein cintre soutenues par de fines colonnes. Les historiens pensent que cela correspond à l´ancienne « llotja del mar », des entrepôts de marchandises, ancienne douane ou bien encore des vestiges de l´ancien Hospital Major.

A l´extrême nord-est du quartier Puig Salner, il y a un édifice gothique connu sous le nom de « Casa Gran ». Il se compose d´une façade principale avec des carreaux bien taillés, un grand portail à vousseaux et deux magnifiques fenêtres gothiques qui datent du XIVe-XVe siècles. Nous croyons qu´il s´agit là d´un ancien logis seigneurial.

De l´ancien couvent de Sant Francesc, fondé en 1246 au sud-est de la ville, il ne reste pratiquement rien, outre les colonnes de l´ancien cloître qui servirent pour construire l´actuel lavoir public. C´est l´un des endroits les plus bucoliques de la ville. Le couvent de Santa Clara occupé par des religieuses de l´ordre des clarisses, s´établit extra-muros en 1260. Il fut détruit par les Français au XVIIe siècle et aujourd´hui il n´en reste aucune trace. La communauté déménagea et s´installa dans la ville, au sud très près de l´église de Santa María, l´édifice est encore bien conservé ainsi que l´église qui datent du XVIIe ou du XVIIIe siècles. La communauté des religieuses de Santa Clara est la seule qui a perdurée jusqu´à nos jours à Castelló . En 1973 elles abandonnèrent le couvent de la ville pour s´installer dans un édifice neuf situé sur la plaine entre Castelló et Vila-Sacra. En ce qui concerne l´ancien couvent de Sant Bartolomeu crée en 1238 il n´en reste que quelques arcs qui font aujourd´hui partie de la cour extérieure de la maison Nouvilas. Le couvent de Sant Agustí, qui se trouvait extra-muros de la ville fut établit intra-muros au sud-ouest du centre-ville après la guerre des moissonneurs. L´actuel édifice du XVIIe XVIIIe siècles est aujourd´hui la maison d´un particulier.


A l´extérieur de la ville, à l´ouest, au-dessus de la rivière Muga on peut voir le Vieux-Pont sur l´ancienne route de Figueres. Il fut construit au temps du comte Pere I (1325-41). Il conserve la structure du XIVe mais il dut être restauré peu après les inondations de 1421. Le pont se compose de sept arcs surbaissés aux largeurs différentes les unes des autres. Seul un arc est en pierre, les autres sont en céramique car ils furent restaurés à une époque bien plus tardive. Les piliers sont en pierre. A 2´6 kms au sud-est de Castelló, sur la route qui mène à Sant Pere Pescador il y a le Chemin du mas Broma,. Avant d´arriver à ce mas il y a la chapelle de Sant Antoni (qui date probablement du XVIIIe siècle).

De nombreux actes culturels se déroulent à Castelló d´Empúries tout au long de l´année. La fête locale a lieu le 2 février le jour de la chandeleur, mais sans doute l´acte le plus important est le Festival « Terra de Trobadors » qui a lieu mi-septembre. Durant quelques jours la ville revit les moments de splendeur de l´époque médiévale de nombreuses représentations musicales de troubadours, des marchés médiévaux se tiennent, ainsi que des conférences sur des thèmes médiévaux et des expositions.
Castelló a beaucoup a offrir au visiteur : Un centre historique intéressant, des actes culturels prestigieux, des plages et des résidences touristiques, des restaurants, des discothèques, le parc naturel dels Aiguamolls… tout ceci fait de Castelló un centre touristique de grande qualité. La mairie met à la disposition des visiteurs des points d´information aussi bien dans la ville qu´à Empuriabrava afin que ces derniers puissent connaître au mieux toutes les activités que la ville peut leur offrir.

Dernièrement est apparu l´Ecomuseu Farinera de Castelló d´Empúries, Il s´agit d´un musée intégré dans le musée des sciences et de la technique de Catalogne. Il se trouve là où se situait jadis l´ancien moulin avec des machines qui dataient du début du XXe et où l´on obtenait la farine de façon artisanale.

Il y a matière à parler de Castelló cependant le mieux est de s´y rendre assez souvent pour pouvoir la visiter car elle en vaut le détour.
EMPURIABRAVA

A peine arrivé à Empuriabrava vous trouverez un grand panneau qui vous informera que vous vous trouvez dans la marina résidentielle la plus grande d´Europe. Et c´est peu dire. En effet, l´extension du territoire qu´occupe ce lotissement est trois fois plus grand que la commune de Castelló d´Empúries. Sa superficie totale est de 503´3 hectares et on compte près de 15.000 logements (villas et appartements) durant la période estivale on dénombre près de cinquante mille personnes.

Ce qui caractérise ce lotissement ce sont ses canaux navigables qui le quadrillent et qui, si on les unis bout à bout comptent trente kilomètres de long. Quelqu´un a dit un jour qu´Empuriabrava était la Venise ampourdanaise.

C´est le lieu idéal pour passer de bonnes vacances et pourquoi pas y vivre toute l´année car on y trouve de tout dans ce lotissement. Il se trouve à côté d´une grande plage et le climat y est très agréable avec des températures hautes en été et douces en hiver. C´est un lotissement bien communiqué, avec un service sanitaire, de nombreux commerces, des zones pour pratiquer différents sports, des bars, des discothèques et autres établissements de loisirs… Il y a aussi de bons restaurants et quelques hôtels.

Il y a de plus en plus d´étrangers qui décident de fixer leur résidence principale dans ce lieu. Il s´agit généralement de retraités Français, Allemands, Hollandais et quelques Anglais qui venaient jadis passaient leurs vacances en famille accompagnés de leurs enfants, dans leur villa avec jardin et aujourd´hui las de supporter le mauvais temps ainsi que les basses températures dans leur pays ils sont décidés de fixer leur résidence ici.

Il faut remonter aux années 60 durant la longue étape de prospérité économique qu´a connu l´Europe occidentale après avoir surmonté les désastres engendrés par la Seconde Guerre Mondiale pour retrouver l´origine d´Empuriabrava, et celui de bon nombre des lotissements qui prolifèrent sur la côte. Ceci est bien différent des villes voisines comme Roses ou encore l´Escala déjà existantes et dont l´activité principale était la pêche. L´expansion touristique s´est faite tout autour de l´ancienne ville Empuriabrava, par contre, est une ville complètement nouvelle et planifiée.

Le lieu où se situe Empuriabrava n´était il y a quelques années, qu´ un bout de terrain agraire appartenant à Castelló bien diffférent de ce qu´il est à présent. Il faisait partie de la frange littorale formait par des bans de sable et des saletés qui se trouvaient en bord de mer, puis des terres servant de pâturages (« enclos ») ou pour la culture agraire. Jusqu´à sa naissance, la majeure partie du terrain était répartie en cinq grands mas ou étables et une multitude de petites parcelles, entre les mains de petits agriculteurs. Le type de culture était semblable à celui qui se pratiquait dans le reste des terres de la plaine ampourdanaise proprement dite, de Figuères à la mer, et fondamentalement dans la trilogie blé-maïs- luzerne, combiné avec un intense élevage de bestiaux : porcs et volaille, dans les mas et les vaches et les juments dans les enclos. Le bestiau chevalin connut une forte expansion à l´époque de la post-guerre à cause de la demande qu´il y avait pour travailler la terre.

Plus tard, depuis le début des années soixante et donc, peu avant que l´on ne construise Empuriabrava Les méthodes de culture ainsi que la vie agraire en général, subirent une profonde transformation, en effet on fit qu´une bonne partie des terres se convertissent en des terrains irrigables, puis que l´on connaisse l´expansion de l´élevage de vache en étable et la mécanisation du travail des champs.

Des cinq mas ou étables que nous avons nommés antérieurement, quatre appartenaient au même propriétaire, Antonio de Moxó i Güell, marquis de Sant Mori, il s´agissait des étables Llebrer, Modaguer, Moxó et celle de Vell. Le cinquième, la Tour Ribota, appartenait à la famille Llorens de Roses. Aujourd´hui il n´en reste que les structures, qui ont subi de grandes modifications puisque l´étable Vell est aujourd´hui l´hôtel Casablanca et l´étable Llebrer est le restaurant El Trabuc. Les autres ont toutes disparues.

Il s´agissait de grandes propriétés dont les terres étaient cultivées ou tout simplement réservées pour pâturer. Ces terres étaient d´anciens marécages qui avaient été dûment drainés et déssalés, et on en a fait des prés naturels et d´autres avec le temps, sont même devenues des terres labourables. Les prés étaient enclos par des canaux d´irrigation, d´où le nom d´enclos.

Les parcelles de terre étaient bien petites si l´on comparait avec la grande propriété, elles étaient allongées, les unes à côté des autres, comme des bandes parallèles. Ces parcelles étaient d´anciennes terres communales, qui avaient été distribuées à la fin du XIXe siècle aux habitants de Castelló. Le lieu où se trouve aujourd´hui Empuriabrava correspondait à une série de parcelles qui étaient connues sous le nom de « les Tribanes ».

En 1965 on présenta à la Mairie de Castelló le premier plan pour urbaniser une ample Zone du littoral qui s´étendait depuis la Muga jusqu´au canal dels Salins. Ce plan était connu sous le nom de « Plan Partiel d´ordonnance d´Ampuriabrava 1ª Phase » cela concernait la moitié est du lotissement que l´on connaît aujourd´hui et l´objectif était de faire construire un grand et original ensemble quadrillé par des canaux de navigation et en faire une marina résidentielle unique dans toute la péninsule.

Cette première phase ne fut approuvée que deux ans plus tard, c´est-à-dire en 1967, et dès lors on ne cessa de construire à un rythme très rapide. C´est à cette époque-là également que l´on entama d´intenses campagnes de promotion et ce surtout en Allemagne, en France et au Bénélux. Vu la différence de prix entre ces pays et le nôtre, ainsi que l´originalité du projet, la promotion connue un réel succès, surtout en Allemagne car ce fut l´un des pays qui se lança durant la première étape dans l´achat de parcelles ainsi que dans la construction.

En 1975 on approuva la seconde phase du plan, qui concernait le reste du territoire, Les Allemands continuaient à s´implanter en masse mais ce ne fut qu´ à la fin de la décade que les Espagnols suivis de près par les Français décidèrent eux aussi de faire construire.

Finalement en 1980 la marina résidentielle passa des mains des promoteurs à celle de la Mairie. Depuis le début des travaux, Empuriabrava n´a cessé de croître, mais pas toujours avec la même fréquence.

64 % de la superficie totale du lotissement correspond à une zone construite et 13 % en routes, 10 % en espaces verts et sportifs et 10 % également en canaux et ports. La majeure partie de la superficie construite correspond à des logements avec jardin, suivis par ce que l´on appelle els « poblats típics » puis pour finir les immeubles. La zone des services et des magasins se situe dans le secteur de l´entrée, elle est parallèle à la route de Roses à Figueres. Dans ce secteur, à l´est il y a l´aéroport. Le secteur commercial, en revanche, se trouve près de la mer, dans la large avenue Carles Fages de Climent, où l´on peut voir des porches avec des arcades ou bien encore l´avenue perpendiculaire à celle-ci celle de Joan Carles ou bien celle d´Europa. Une zone commerciale secondaire se trouve dans le secteur Alberes. La partie est de ladite avenue Fages de Climent conduit à la zone portuaire, au centre de laquelle se trouve l´edifice original du Club Nàutic, avec sa tour svelte qui domine l´ensemble.

Malgré la courte existence de ce lotissement ainsi que le caractère temporaire de l´occupation de la plupart de ces habitations, Empuriabrava ne dispose pas de la tradition culturelle de la vieille ville, cependant elle forge sa propre personnalité. Comme symbole récent de cette identité on célèbre la fête patronale de la Diada del Carme (le 16 juillet) Cette fête donne lieu à ce que durant une semaine différents actes se célèbrent aussi bien sportifs (régates, exhibitions de parachutisme,etc.) que culturels (exposition de peinture ou de photographies,etc.) ou encore populaires (des sardanes, des chants « havaneres » , des sardinades,etc.) La Foire du Bateau d´Occasion qui n´a pas de date fixe quant à sa célébration est également une autre fête où se réunissent de nombreux amateurs.

Mais la principale activité que nous offre Empuriabrava est le sport. En premier lieu grâce au bon climat, presque toute l´année, ainsi que son incomparable situation en plein milieu du golfe de Roses, au cœur de la Méditerranée, aux eaux calmes et chaudes, on peut pratiquer les sports nautiques tels que la voile. Le ski-nautique. Le para-ski, le surf, la pêche, etc. Il existe également deux écoles de plongée et un aquafun.

Comme autre centre il y a l´aéroport où l´on peut monter en ULM, puis pratiquer le parachutisme. L´école de Parachutisme d´Empuriabrava apparaît comme étant l´une des plus prestigieuse en ce qui concerne les différentes compétitions qui y ont lieu.

Le karting est également très apprécié, de plus chaque année c´est là que se tient le championnat de Catalogne. Quant au tennis, Empuriabrava dispose de 15 courts ouverts tous les jours. Dans le secteur de Carmançó il y a un mini-golf. On peut également pratiquer l´équitation, il existe deux écoles où on y apprend à monter et où on peut louer des chevaux pour faire des promenades ou des excursions,

Il y a de nombreux campings que l´on pourrait classer en trois groupes : a) Les campings situés à l´intérieur, sans contact direct avec la plage : « Empúries » et « Masnou ». b) Les campings près de la plage, au sud du village : « Laguna » et « Almata » c) Les campings près de la plage, au nord d´Empuriabrava : « Internacional Amberes », « Castell-Mar » et « la Estrella ».

La majeure partie de ces campings sont de haute catégorie et disposent de toute sorte de services, du plus élémentaire, comme l´eau courante ou encore le téléphone, l´électricité, etc, au plus commode comme un bar, un restaurant, une discothèque, une piscine ou bien encore la possibilité de pratiquer différents sports.
 
Maia Figueres
Perruqueria Sete



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